Notre histoire

Notre histoire

 

LES SOEURS DE SAINTE MARIE HEUSY

Depuis la loi de 1879, Mlle Marie Cassalette a tenu l'école catholique mixte du village. Ayant atteint l'âge de 80 ans, monsieur le Curé Beuvens lui accorde sa retraite en 1901. Il s'adresse aux religieux salésiens installés à Liège en vue d'obtenir des soeurs pour s'occuper de son école paroissiale. Les salésiens connaissent les soeurs de Sainte-Marie de la Présentation grâce à leurs relations avec leurs confrères de Dinan en France. Monsieur le Curé Beuvens, dans le souci de bien faire, mûrit sa cause, prie et demande au Père Cosson : " Quelles sont les conditions que pose habituellement la Supérieure ? Ces religieuses sont-elles simples ? Je tiens à la simplicité. Si les soeurs sont simples et dévouées, elles peuvent faire beaucoup de bien dans ma paroisse ".
"Les Filles de Sainte-Marie sont avant tout paroissiales, elles n'ont qu'un désir, celui de faire du bien sous la direction du pasteur. " telle est la réponse de la Supérieure Générale.
C'est dans cet esprit que monsieur le Curé Beuvens s'adresse à la Supérieure Générale des Filles de Sainte-Marie de la Présentation de Broons pour solliciter quelques soeurs pour diriger son école paroissiale.
Dès lors, le 1er avril 1902, deux jeunes soeurs, Soeur Azéline et Soeur Prosper quittent bien tristement la Maison-Mère et partent pour l'exil. A Paris, elles rencontrent Mère Saint Philippe qui deviendra leur Supérieure locale.

 

Soeur Marie Prosper

Pour la première fois, après avoir accompli les formalités douanières, elles passent la frontière franco-belge. Arrivées à 15h30 à la gare de Verviers, elles sont accueillies sur le quai par la Mère Supérieure d'Andrimont qui les conduit à une petite maison rue Alexandre Deru à Heusy. Les religieuses de Séroule (Ursulines de l'Union allemande) fournissent le nécessaire pour le repas du soir et le petit déjeuner du jour suivant, ainsi que quelques ustensiles de cuisine et un buffet huche contenant des provisions. Une dame charitable et monsieur le Curé fournissent des lits. Heureusement, les caisses contenant draps et trousseaux sont arrivées. Très solides, elles servent d'ailleurs d'armoires pendant 1 an.
Un local situé avenue du Chêne est partagé en deux classes, une classe primaire mixte et une classe gardienne. C'est dans ces locaux que le premier jour, le 7 avril 1902, Mère Saint Philippe et Soeur Marie Prosper accueillent chacune 12 élèves. Le nombre d'enfants augmente peu à peu pour atteindre la quarantaine au mois de juillet.

En 1903, le 5 mai, les soeurs s'intallent dans une maison cédée par les demoiselles Dessart. Elle est située avenue du Chêne, 103. Cette maison est dans un état lamentable mais à proximité de l'école.
Dès le mois de juillet 1903, on construit deux classes, la construction est payée partiellement par monsieur le Curé et par la Mère Générale. L'école est baptisée :
" ECOLE SAINTE-MARIE " nom qu'elle a conservé .
A cette époque, elle compte 47 élèves en section primaire sous la direction de Soeur Marie Prosper.
Les débuts sont pénibles tant sur le plan matériel que financier.

A partir de 1903, l'école gardienne reçoit les subsides de l'Etat et l'école primaire les obtient dès 1906 quand Soeur Prosper a acquis la nationnalité belge et le diplôme officiel d'institutrice primaire.
Durant la période 1907-1908, deux nouvelles classes sont bâties grâce à la générosité de quelques bienfaiteurs.

Un patronage est organisé le dimanche dans un premier temps par Mère Philippe puis par Mère Victorin qui lui succéde. Les soeurs s'occupent avec ardeur de la formation chrétienne de la jeunesse féminine. Une bibliothèque catholique est instaurée aussi à l'école tous les dimanches.
Les soeurs créent une société de gymnastique en trois sections d'âge. Cette société gymnique présente de bien belles séances qui de plus s'avèrent très lucratives.

En 1913, avec le secours et l'aide des bienfaiteurs monsieur le Curé fait exhausser les deux classes construites en 1908. On y établit une classe et une chapelle. Cet agrandissement s'achève à la veille de la déclaration de guerre de 1914-1918.

Pendant la guerre, les soldats allemands occupent les classes un certain temps, laissant toutefois la maison des soeurs libre. Les subsides de l'Etat n'arrivent plus, les communications avec la Maison Mère sont impossibles. Pour les soeurs, c'est donc la grande pauvreté. Elles vivent seulement de collectes organisées par des dames généreuses qui trouvent les ressources au sein des fermes et des demeures opulentes.

Monsieur le Curé Beuvens que les privations et oeuvres de charité ont entièrement dépossédé meurt en novembre 1919. Il est remplacé en 1920 par monsieur le Curé Moréas. Celui-ci aime aussi l'école et lui donne un nouvel essor : construction nouvelle, installation du chauffage central, de l'électricité et de la distribution d'eau.
L'école Sainte-Marie est alors reprise dans les biens de l'ASBL paroissiale que monsieur Claessens préside. Les soeurs de Sainte-Marie de la Communauté de Heusy ne connaissent plus dès lors de soucis financiers. L'école Sainte-Marie, réputée école moderne, jouit d'un bon renom.

Dès 1922 et durant plusieures années, Mère Sainte Delphine remplit la charge d'institutrice primaire des enfants et remplace Mère Marie Odile en qualité de Supérieure locale.

En 1927, avec fastes, on fête les 25 ans d'existence de l'école. Soeur Marie Prosper reçoit diplôme et croix officiels pour ses 25 ans d'enseignement.
Heusy ne cesse de s'agrandir. De nouveaux quartiers apparaissent, la population est en augmentation constante, attirée qu'elle est par l'air pur et sain des hauteurs d'Heusy où le vent souffle très fort chassant les miasmes délétères de la ville industrielle qu'est Verviers à cette époque.
L'école doit évidemment suivre le rythme d'évolution de la population et des aménagements sont nécessaires dans les locaux scolaires.

Fin 1939, des bruits de guerre circulent, les journaux ne cessent de divulguer cette triste possibilité.
Mère Marie Prosper écrit : " Nous avons envoyé une bonne partie de notre linge ainsi que les livres et cahiers à Thielt, car d'après le cachet apposé sur nos cartes d'identité, il est question pour les Heusytois de se réfugier à Cortenberg dans les Flandres. Il fallait s'éloigner de la frontière belgo-allemande et des forts entourant la ville de Liège."
Mère Sainte Delphine, vu son infirmité, supplie de la conduire à Thielt. C'est de là que le 10 mai 1940, sitôt le pays envahi, malgré les protestations de neutralité du roi Léopold III et de son gouvernement, la bonne Mère infirme et Mère Saint Symphorien sont emmenées à Boons.
C'est aussi le 10 mai 1940 que les 5 soeurs de Heusy se mettent en route pour Thielt. Elles n'y arriveront pas. Deux d'entre elles, après un voyage des plus mouvementé, peuvent gagner Boons. Elles rejoindront leur communauté quelques temps après. Les trois autres soeurs sont dirigées, avec les évacués vers le midi de la France. Après plusieurs semaines d'attente, une lettre parvient enfin à Mère Marie Prosper lui apprenant que ses soeurs sont hébergées à Bissières près de Toulouse.
Elles ne peuvent revenir au pays dans leur communauté que le 10 septembre.

Lors de l'offensive allemande dans les Ardennes en 1944, d'autres difficultés vont apparaitre. L'école est occupée en 1944 juste avant la débâcle des Allemands, l'occupation dure 6 mois.
Alors à Heusy, la maison et les classes sont occupées par les soldats allemands ne laissant à la disposition des soeurs que la cuisine et des chambres à coucher. Cependant, les cours ne seront pas interrompus, les élèves étant accueillis, les uns dans des locaux du couvent de Séroule, les autres dans la salle du patronage des garçons au cercle paroissial.
La libération intervient en 1945. A leur tour les soldats américains occupent les classes, mais laissent le couvent entièrement aux soeurs.
Sous l'effet des bonbardements et du passage des bombes volantes, les bâtiments sont quelque peu endommagés.
Mais la vie continue et le pays se relève de ses ruines.

Soeur Saint Eleutère Soeur Marie Blandine

Dès 1947, les institutrices laïques et religieuses dans les écoles subventionnées reçoivent un traitement de l'Etat et même, si celui des religieuses ne représente que 50% de celui des laïques, la communauté peut vivre.
Soeur Marie Prosper, atteinte par la limite d'âge, doit démissionner de sa fonction de directrice. Elle rentre à Boons en 1962 après avoir passé 60 ans à Heusy.
Soeur Arthur ( Fernande Dehayes ) la remplace dans son rôle de Supérieure et Soeur Claire d'Assise devient directrice de l'école jusqu'en 1964.
L'école continue de se développer. En 1969, on inaugure encore des locaux scolaires d'une certaine importance.
Réduite dans son effectif, la communauté quitte Heusy en 1976.

Pourtant l'école Sainte-Marie confiée à des laïcs convaincus et compétents, à un pouvoir organisateur et à un personnel enseignant motivé continue de vivre et d'éduquer chrétiennement les enfants qui lui sont confiés.
Les soeurs de Sainte-Marie ont jeté la semence, là comme ailleurs, si pas dans les larmes, sûrement dans la peine. La moisson a levé et Heusy se souvient.

(texte écrit par Soeur Marcel - Marie et édité dans Heusy d'hier à Aujourd'hui doc L. Péters )

Au départ, il y avait l'école gardienne, les premières et deuxièmes années primaires pour les garçons, pour les filles, les six années primaires et le quatrième degré (7ème et 8 ème années ) jusqu'à sa suppression en 1972.
En 1971, l'école devient mixte et cela avant le départ des soeurs qui a lieu en 1975.
En 1976, monsieur Mineur devient directeur jusqu'en 1998.

 

Quelques enseignants de Sainte Marie ( 1976 )

Au départ de monsieur Mineur, en 1998 c'est monsieur Dourcy qui le remplace. Pensionné en janvier 2015, c'est au tour de monsieur Ransy de reprendre le flambeau.

 

LES EXPANSIONS DE L'ECOLE SAINTE-MARIE .

Observons le bâtiment actuel en partant de l'avenue du Tennis et dirigeons-nous vers l'avenue du Chêne par la rue Jean Gheur, nous pouvons voir :

• LE COUVENT : cette maison de deux étages qui présente une potale avec la Vierge Marie au-dessus de l'entrée, est l'ancienne maison Dessart. Elle est occupée, depuis le départ des religieuses en 1975, par le directeur de l'époque Monsieur Mineur.

• BATIMENT A TOIT SEMI-PLAT : il est construit en 1903, selon les plans de l'architecte Vivroux, par M. Henri Leclerq et Antoine Bodet, entrepreneurs à Heusy. Il aurait abrité le premier patronage du village. Il y a des classes au rez-de-chaussée tandis que l'étage est consacré à une chapelle et à un parloir pour les religieuses. Actuellement cet étage est occupé par le bureau de directeur .

• LE BATIMENT CLAESSENS : le rez-de-chaussée a la grande porte à rue et est construit d'abord pour abriter deux grandes classes modernes. Sous la présidence de M. Claessens, on érige le premier étage qui équipé de grandes fenêtres plus modernes contraste avec les six baies du rez-de-chaussée. Nous remarquons également le choix de briques différentes .
De l'arrière vers l'avant, ces trois bâtiments sont visibles sur la carte postale de cette page.
C'est ainsi que se présente l'école jusqu'en 1940.

• LE BATIMENT DU COIN : en 1948, sous la présidence de Madame Simonis Duesberg, on construit le bâtiment à toit plat à côté de l'avenue du Chêne. Il abrite deux classes.

• LE NOUVEAU BATIMENT : (avenue du Chêne et la ruelle) la maison du maître jardinier Legrand est achetée et abattue en 1968 sous la présidence de M André Weerts. A la place, on érige un gymnase, un local sanitaire et deux classes. L'inauguration réunit le ministre Albert Parisis et Monseigneur Van Zuylen, Evêque de Liège.

• LE BATIMENT DETHIER : cette maison du 115 avenue du Chêne est achetée en 1988. On y ouvre deux classes et les étages sont convertis en appartements. Ceux-ci sont loués et auto-financés.

• En 1991 Deux classes sont créées sous le préau. Un morceau de celui-ci est préservé, à droite près de l'escalier en bois donnant accès à l'étage du bâtiment
Claessens.

• En 1994-1995 : Le rez-de-chaussée de la maison des religieuses et l’ancienne maison de Jean Mineur sont affectées aux deux classes de 2 ème maternelle.

• En 2002 : Un module est placé dans le jardin de l'ancienne maison de Jean Mineur, destiné à la 2 ème maternelle, il est actuellement occupé par une 6 ème primaire.

• Ensuite : Nous avons installé un module vert dans le jardin de la petite école
pour la classe d'accueil.

• En 2009 : Les deuxièmes maternelles déménagent avenue du Tennis ( la maison à droite de la petite école )

Depuis 2009, les enfants de 2 ans 1/2 à cinq ans sont regroupés dans un même bâtiment. Ils bénéficient d'un accueil à la garderie rien que pour eux, de leur propre aire de récréation. Ceci facilite le passage de la maison à l'école et libère les petits du stress généré par la présence de plus grands.

Les éléves de 5 à 12 ans sont regroupés dans le bâtiment principal. Le titulaire de la classe de première année accompagne les élèves lorsqu'ils entrent en deuxième année. Les instituteurs suivent ainsi les enfants durant deux ans.

 

 

QUELQUES ANECDOTES:

• L'entrée de l'école se trouve rue Jean Gheur et pourtant anomalie postale, l'adresse est AVENUE DU CHENE,105
• La grille de la cour le long de la ruelle est la grille d'origine, avant elle se trouvait placée sur un petit mur cimenté où juste après la guerre, pendant la kermesse locale, les gamins limaient les pièces de zinc de 10 centimes pour les calibrer en pièce d'un franc, ce qui était bien pratique pour les machines à sous !
• Un peu avant le départ des religieuses, la presse s'empare d'un fait divers : le miracle de Soeur Delphine qui vient hanter les couloirs de l'école. On entend paraît-il, murmurer : "Priez pour moi" et on reconnait également le bruit caractéristique de sa jambe de bois sur le plancher. Même si la blague n'est pas de très bon goût, certains Heusytois et Heusytoises doivent encore en rire.

 

QUELQUES SOUVENIRS :

• Les patinoires dans la cour.
• Les processions religieuses dans le village.
• Les tours de carrousel offerts par monsieur le Curé.
• La chorale.
• Le directeur qui faisait des poissons d'avril en cachant les cartables sur le toit du préau.
• Père VINCENTqui prenait les photos, arrangeait les albums, préparait les cartes
d'anniversaire que Monsieur Mineur distribuait dans les classes.